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Anattalakkhana suttaModifier

Peu de temps après le discours connu comme la mise en mouvement de la roue du Dhamma, le Bouddha donne aux mêmes cinq bhikkhus un discours sur l'absence d'ego, qui leur permettra d'atteindre le stade ultime d'Arahants, c'est-à-dire la libération totale.



Evam me suttam.


Un jour le Bienheureux résidait dans le parc aux cerfs à Isapatana, près de Bénarès. Là, il s’adressa au groupe de cinq bhikkhus[1] :


Bhhikkhus, le corps[2] n’est pas le moi. Si le corps était le moi, le corps ne conduirait pas à l’affliction. Il serait possible de dire, au sujet du corps : « Que le corps soit comme ceci, que le corps ne soit pas comme cela. » Mais comme le corps n’est pas le moi, il conduit à l’affliction. Et il n’est pas possible de dire au sujet du corps : « Que le corps soit comme ceci, que le corps ne soit pas comme cela. »


La partie sensitive de l’esprit[3] n’est pas le moi. Si la partie sensitive de l’esprit était le moi, elle ne conduirait pas à l’affliction …

La partie de l’esprit assurant la reconnaissance des objets[4] n’est pas le moi. Si …

La partie réactive de l’esprit[5] n’est pas le moi. Si …

La partie cognitive de l’esprit (conscience)[6] n’est pas le moi. Si …


Bhikkhus, que pensez-vous ? Le corps est-il permanent ou impermanent ?

- Impermanent, Seigneur.

Ce qui est impermanent est-il plaisant ou déplaisant ?

- Déplaisant, Seigneur.

Est-il approprié de dire, au sujet de ce qui est impermanent, déplaisant, sujet au changement : « Ceci est à moi, ceci est moi-même, c’est ce que je suis ? »

- Non, Seigneur.


Que pensez-vous, bhikkhus ? La partie sensitive de l’esprit est-elle permanente ou impermanente ?

- Impermanente, Seigneur.

La partie de l’esprit assurant la reconnaissance des objets est-elle permanente ou impermanente ?

- Impermanente, Seigneur.

La partie réactive de l’esprit est-elle permanente ou impermanente ?

- Impermanente, Seigneur.

La partie cognitive de l’esprit est-elle permanente ou impermanente ?

- Impermanente, Seigneur.

Ce qui est impermanent est-il plaisant ou déplaisant ?

- Déplaisant, Seigneur.

Est-il approprié de dire, au sujet de ce qui est impermanent, déplaisant, sujet au changement : « Ceci est à moi, ceci est moi-même, c’est ce que je suis » ?

- Non, Seigneur.

Ainsi, bhikkhus, toute forme de matière[7], qu’elle soit passée, future ou présente, grossière ou subtile, interne ou externe, en haut ou en bas, lointaine ou proche, doit être vue telle qu’elle est vraiment, avec une compréhension juste, de cette manière : « Ceci n’est pas à moi, ce n’est pas moi-même, je ne suis cela. »


Toute sensation[8], qu’elle soit passée, future ou présente, grossière ou subtile, interne ou externe, en haut ou en bas, lointaine ou proche, doit être vue telle qu’elle est vraiment, avec une compréhension juste, de cette manière : « Ceci n’est pas à moi, ce n’est pas moi-même, je ne suis cela. »


Toute perception[9], qu’elle soit passée, future ou présente, grossière ou subtile, interne ou externe, en haut ou en bas, lointaine ou proche, doit être vue telle qu’elle est vraiment, avec une compréhension juste, de cette manière : « Ceci n’est pas à moi, ce n’est pas moi-même, je ne suis cela. »


Toute réaction mentale[10], qu’elle soit passée, future ou présente, grossière ou subtile, interne ou externe, en haut ou en bas, lointaine ou proche, doit être vue telle qu’elle est vraiment, avec une compréhension juste, de cette manière : « Ceci n’est pas à moi, ce n’est pas moi-même, je ne suis cela. »


Toute conscience[11], qu’elle soit passée, future ou présente, grossière ou subtile, interne ou externe, en haut ou en bas, lointaine ou proche, doit être vue telle qu’elle est vraiment, avec une compréhension juste, de cette manière : « Ceci n’est pas à moi, ce n’est pas moi-même, je ne suis cela. »


Bhikkhus, lorsqu’un noble disciple ayant entendu (la vérité) voit de cette manière, il se libère de l’illusion en ce qui concerne le corps, il se libère de l’illusion en ce qui concerne la partie sensitive de l’esprit, il se libère de l’illusion en ce qui concerne la partie de l’esprit assurant la reconnaissance des objets, il se libère de l’illusion en ce qui concerne la partie réactive de l’esprit, il se libère de l’illusion en ce qui concerne la partie cognitive de l’esprit (conscience).


Lorsqu’il devient désenchanté, la passion disparaît. Avec la disparition de la passion, il devient libéré. Lorsqu’il est libéré, il y a la connaissance : « je suis libre. » Il comprend : « les naissances ont été épuisées, la vie sainte a été vécue, ce qui devait être fait a été fait, il n’y a plus rien d’autre à faire. »


Ceci est ce que dit le Bienheureux. Les bhikkhus étaient contents, et ils approuvèrent ses mots. Et alors que cet exposé se déroulait, leurs esprits devinrent libérés de toutes leurs impuretés.


Et il y avait alors six Arahants dans le monde.



Notes

  1. cinq bhikkhus : il s’agit de ses cinq compagnons ascétiques, devenus ses disciples peu de temps auparavant, à l’occasion du Dhammacakkappavatthana sutta
  2. corps : le mot utilisé en pali est en fait rupa, signifiant généralement matière, mais pouvant référer (c’est le cas ici) à l’agrégat de matière, l’un des cinq agrégats composant un être humain
  3. partie sensitive de l’esprit : le mot utilisé en pali est vedana, signifiant généralement sensations, mais pouvant se référer, comme c’est le cas ici, à la partie sensitive de l’esprit, un des cinq agrégats composant un être humain.
  4. partie de l’esprit assurant la reconnaissance des objets : le mot utilisé en pali est sanna, en référence à l’un des cinq agrégats composant un être humain.
  5. partie réactive de l’esprit : le mot utilisé en pali est sankhara, en référence à l’un des cinq agrégats composant un être humain.
  6. partie cognitive de l’esprit : le mot utilisé en pali est vinnana, en référence à l’un des cinq agrégats composant un être humain.
  7. en référence à l’agrégat « rupa »
  8. en référence à l’agrégat « vedana »
  9. en référence à l’agrégat « sanna »
  10. en référence à l’agrégat « sankhara »
  11. en référence à l’agrégat « vinnana »



Traduit de l'Anglais par Dukkhanirodha d'après le travail de Ñanamoli Thera